Déconstruire, reconstruire. Ce que Tarek Haddad cherche, il ne semble le retrouver qu’en l’altérant.
Inlassablement il manie ses images, les déforme, les transforme. De sa vision du monde transpire une biographie dispersée, le Liban, les départs en France et en Finlande, souhaités autant que subis, et son retour.
De ces éloignements successifs il extrait une matière photographique qui devient préhensible et manipulable. Les images elles-mêmes se font surfaces sur lesquelles il intervient méthodiquement. D’abord par l’observation qui entraîne un doute: que voit-on, sont-ce réellement des paysages, des mers, des montagnes? Ou bien plutôt des objets dans lesquels il lit un présent distant; puis par l’ajout: la règle qui vient mesurer le monde et donner une forme, des pierres délicatement posées sur un tirage qui semble s’enfoncer inexorablement jusqu’à se confondre; et enfin la réorganisation, l’ordonnancement de l’univers: la mer, les cubes et les pixels, le microscopique devenu colossal
Tarek Haddad, Nowhere Near #06, 2026 - Courtesy of Galerie Tanit
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- Tarek Haddad, Nowhere Near #06, 2026 - Courtesy of Galerie Tanit