Depuis plus de cinq décennies, Gabriele Stötzer explore les questions de justice, de genre et d’autodétermination. Son propre corps occupe souvent une place clé dans son travail — non pas comme objet, mais comme espace de résistance et d’affirmation féministe de soi. Être là et ne pas se taire est, à ce jour, la plus importante exposition monographique institutionnelle consacrée à l’artiste. La pratique artistique de Stötzer est indissociable de son engagement social et politique. En 1976, elle est arrêtée pour avoir organisé une pétition, qualifiée par les autorités de la RDA de « diffamation de l’État ». Après une année d’emprisonnement, elle rejoint les milieux littéraires et artistiques clandestins et cofonde plus tard le collectif d’artistes Künstlerinnengruppe Erfurt.
Nombre de ses œuvres proposent des contre-modèles radicaux à la répression et au contrôle exercés par l’État, en repoussant les limites par l’expérimentation et en ouvrant des espaces à la vulnérabilité et au désir.
Gabriele Stötzer, Die Auslöschung eines Blicks – Ich trage meine Wunden heute offen, 1983, courtesy: LOOCK Galerie, Berlin, photo: Heike Stephan © VG Bild-Kunst, Bonn 2026